Ce rapport d'étude nous a été aimablement transmis par M.Olivier Damas de l'association Plante & Cité et je le remercie cordialement pour m'avoir permis de le publier sur notre site.
Contexte
La végétalisation de toitures devient de plus en plus importante en France comme dans beaucoup d'autres pays. Toutes les toitures sont végétalisées selon le même type de plantes : avec Sedum et Crassulaceae, d’où une palette végétale limitée pour végétaliser ces espaces.
De nombreuses possibilités de diversification existent dans la littérature internationale, mais surtout pour des pays tels qu’USA, Canada, Grande-Bretagne et Allemagne présentant la plupart du temps des périodes de sécheresse plus courtes en été qu'en France (Dunett 2008, Snodgrass 2008, LaSalle, 2008). Il faut savoir aussi que la plupart des toits verts plantés avec Crassulacae dans le tiers sud de la France sont installés avec irrigation.
Enfin, les professionnels des espaces verts doivent faire face aujourd’hui à des défis économiques, environnementaux et sociaux pour la création et la gestion des espaces verts : augmentation des surfaces de gérer avec des moyens semblables ou décroissants ; attentes sociales et besoins en espaces verts urbains ; fonctions environnementales et écologiques des espaces verts).
Problématique
Les professionnels des espaces verts demandent aujourd’hui de disposer d’une plus grande palette végétale pour les toitures végétalisées tout en limitant les apports d’intrants (eau et charge d’entretien), soit, une végétalisation de toitures autonome et écologiquement fonctionnelle. Une expérimentation a été mise en place en 4 zones climatiques différentes en France afin d'identifier les plantes adaptées aux conditions de sécheresse spécifiques aux toitures végétalisées. Ces plantes doivent être conduites selon la gestion la plus extensive possible, sans apport d'eau et limitant autant que possible le temps d’ entretien.
Nos questions sont les suivantes :
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Est-il possible de végétaliser des toitures n'importe où en France sans aucun arrosage ?
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Est-il possible de cultiver des espèces autres que les Crassulaceae ?
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Quelles sont ces nouvelles plantes ?
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Quel est le potentiel de diversification selon les régions en France ?
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Caractérisation de l'environnement des toitures végétalisées : suivi simple faune et flore
Approche
L'expérience a lieu à quatre endroits différents en France (figure 1). Les parcelles plantées sont sur toitures réelles ou sont reconstituées au sol :
- Angers et Antibes depuis le printemps 2008 avec substrat de 20 cm d’épaisseur.
- Lyon et Jouy-en-Josas (Yvelines) depuis l’automne 2009, avec respectivement substrat de 15 cm et de 10 cm d’épaisseur.

Les différents types de climats sont les suivants:
- Angers : océanique – hiver doux, été doux à chaud ;
- Antibes : méditerranéen – hiver doux, été chaud à très chaud et sec ;
- Lyon : semi continental – hiver très froid, été chaud ;
- Jouy-en-Josas : semi océanique – hiver froid, été doux à chaud.
Matériel et méthode
Suivi
Le suivi porte sur la plante (croissance, couverture, floraison, profil racinaire), le climat (précipitations, évapotranspiration potentielle, températures de l'air et du sol, vitesse du vent), et de la disponibilité de l'eau du sol (capteurs de tensiométrie Watermark). Le comportement de chaque taxon est évalué et comparé à une plante témoin de faible tolérance à la sécheresse (Dianthus carthusianorum) et à un autre témoin de forte tolérance à la sécheresse (Sedum sediforme). Aucune irrigation n'est pratiquée, sauf pendant les premières semaines après la plantation et si le témoin Sedum montre un signe de flétrissement.
La surveillance comprend également un suivi simple de biodiversité (flore et faune) : colonisation de plantes indigènes, de semis et de fragments de taxons plantés, entomo et macro faune. Les données climatiques sont enregistrées et comparées avec les valeurs moyennes des trente dernières années.
Pour chaque site, huit espèces et les deux plantes témoins sont testés chaque année pour une période de deux ans. La taille des parcelles est de 1 m ². Chaque modalité de plante est répétée 6 fois la première année et 3 fois la deuxième année. Trois répétitions sont arrachées après 1 an pour évaluation du profil racinaire.
Substrat
Le même substrat est utilisé pour tous les sites, avec la composition suivante : 70 % pouzzolane 3/6 mm, 30% de tourbes et compost. La profondeur de substrat varie selon les sites : 20 cm à Angers et Antibes, 15 cm à Lyon, 10 cm à Jouy-en-Josas.
Matériel végétal
Chaque taxon testé dans cette expérience est mentionné dans le tableau suivant. L'expérience a commencé en 2008 et durera pendant plusieurs années. De nouvelles essences sont plantées chaque année :
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Angers |
Antibes |
Lyon |
Jouy-en-Josas |
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2008 - 2009 |
Acaena novae-zelandiae Aethionema grandiflorum Alyssum montanum Calamintha grandiflora Cotula hispida Erigeron glaucus Erodium manescavii Gypsophila cerastoides |
Achillea umbellata Centaurea bella Convolvulus sabatius Delosperma cooperi Iris lutescens Myoporum parviflorum Rosmarinus officinalis Sedum gypsicola |
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2009 - 2010 |
Antennaria dioica Callirhoe involucrata Draba aizoides Hyssopus officinalis Oenothera speciosa Petrorhagia saxifraga Teucrium chamaedrys Thymus pseudolanuginosus |
Helicrysum italicum Scabiosa cretica Salvia chameadryoides Antirrhinum hispanicum Dianthus plumarius Dorycnium hirsutum |
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2010 - 2011 |
Trifolium repens Geranium endressii Leptinella squalida Rubus arcticus (syn. acaulis ou stellatus) Linum flavum Potentilla nepalensis Sedum lydium Phuopsis stylosa |
Dorycnium pentaphyllum Lavandula angustifolia "Luberon" Senecio cineraria Helianthemum lavandulifolium Helichrysum stoechas Sedum ochroleucum Satureja montana Thymus serpyllum |
Silene schafta Achillea umbellata Phlox subulata Erinus alpinus Gypsophila repens Duchesnea indica Hieracium pilosella Delosperma cooperii |
Anthemis tinctoria ‘Kelwayi’ Armeria juniperifolia Filipendula vulgaris Potentilla nepalensis ‘MissWillmott’ Geranium cinereum ‘Purple pillow’ Dryas octopetala Artemisia schmidtiana ‘Nana’ Bouteloua curtipendula |
Les deux plantes témoins (© Olivier Damas-Plante & Cité) :
Vue générale des quatre sites en France :
Résultats et conclusions
- Conduire des toitures végétalisées en France sans aucune irrigation est possible, même dans la région méditerranéenne
- Elargir la gamme végétale au-delà des Crassulaceae est possible, permettant ainsi de développer des bénéfices esthétiques par les toitures dans des environnements très urbanisés
- Le potentiel de diversification n'est pas le même à travers le pays. Il est par exemple beaucoup plus faible dans la région méditerranéenne
- Un premier suivi succinct démontre que les toitures végétalisées augmentent la biodiversité
- 63 taxons testés ou actuellement en essai ; avec 13 taxons validés parmi les 41 testés durant minimum une année.
Merci à : Olivier Damas, Plante & Cité, Johanna Donvez, EPLEFPA Vert d’Azur EPLEFPA Antibes, Denis Ferrando, EPLEFPA Vert d’Azur EPLEFPA Antibes, Alain Ferre, Arexhor Pays de la Loire, Philippe Marqueyssat, Tecomah, Pierre Delhommeau, EPLEFPA Lyon-Dardilly-Ecully.






